A LA PIEUSE MEMOIRE DE MARIE DE LUSIGNAN

 

 

RESTAURATRICE DE L'ORDRE DE MELUSINE

 

 

 

La comtesse Marie Godefroy le Goupil, riche héritière, devint par son mariage avec Ambroise Calfa, alias Guy de Lusignan, Marie de Lusignan, une des grandes bienfaitrices du XIX° siècle. Elle se dévoua aussitôt au soulagement des infortunés et sut faire apprécier ses innombrables qualités, non seulement de son illustre mari, mais encore du monde littéraire et artistique. Douée d'une voix superbe de soprano et d'un talent magnifique, consacrés uniquement au profit des œuvres de charité, elle conquit une renommée universelle et les titres les plus enviables ; ange du bien, providence des malheureux, bienfaitrice de l'humanité. Les neuf dernières années de sa vie furent consacrées aux activités chevaleresques et caritatives de l'Ordre de Mélusine, en cette fin du XIX° siècle.

 

Relevons les termes de sa déclaration de mariage avec Ambroise Calfa Nar Bey, à la Préfecture du département de la Seine : Mercredi 12 août 1863 – trois heures de relevée à la Mairie du 9ème arrondissement de Paris. Acte de mariage d'Abroise Calfa Nar Bey, hommes de lettres, âgé de trente deux ans, né à Constantinople (Turquie), le 2 mars 1831, demeurant à Paris, rue Percier, 4, majeur, fils de Georges Calfa Nar Bey, décédé, et de Sophie Causar, sa veuve, rentière, demeurant à Constantinople ; et Marie Louise Joséphine Le Goupil, sans profession, âgée  de 29 ans, née à Allouville – Bellefosse, arrondissement d'Yvetot (Seine-Inférieure), le 28 décembre 1833, demeurant à Paris, rue Percier, 4, majeure, fille de Louis-Guillaume Le Goupil et de Marie Françoise Guéry, son épouse, tous deux décédés.

Nous, André-Charles Ancelle, adjoint au Maire du 9ème arrondissement de Paris, vu un acte de notoriété reçu par Me Denis et son collègue, Notaires à Paris, le 31 mai dernier, constatant que le futur

 

1) est né à Constantinople

2) qu'il est sujet ottoman et qu'à Constantinople il n'est jamais dressé d'actes d'état civil,

 

Ledit acte tenant lieu d'acte de  naissance du futur, de l'acte de décès de son père et du consentement de sa mère, vu un certificat délivré par le Consul Général de Turquie à Paris, constatant que les sujets ottomans peuvent contracter mariage après avoir atteint l'âge de 25 ans, sans justifier du consentement de leurs parents, vu l'acte de naissance de la future, les actes de décès de ses autres ascendants, les actes de publication faits en cette Mairie ; après, etc…

 

Les futurs mariés nous ont déclaré qu'il a été fait un contrat de mariage devant Me Tandeau de Marsac, notaire à Paris…

 

Déclarons qu'Ambroise Calfa Nar Bey et Marie Louise Le Goupil sont unis par mariage.

En présence de : MM ; Charles-James Campbell, docteur en médecine, âgé de 42 ans, demeurant à Paris rue Royale, Saint-Honoré, 24, Louis-Eugène Petit, architecte, âgé de 46 ans, demeurant à Paris, rue du Mont Thabor,6, Gaston-Marie Babut, Colonel en retraite, âgé de 65 ans, demeurant à Charenton (Seine) et Pierre-Gaston Adolphe Babut, contrôleur des contributions, âgé de 37 ans, demeurant en cette commune.  Lesquels ont signé.

 

En consultant l'acte de naissance de Marie Joséphine Le Goupil, à la Mairie d'Allouville, née le 28/12/1833, on constate que son père Louis Guillaume Le Goupil est alors âgé de 46 ans (né en 1787) et que sa mère Marie Françoise Guéry a 37 ans (née en 1796). Ses parents se sont mariés et son domiciliés à Paris. Il  reste une énigme, leur fille Marie va naître à 11h30 au domicile du Maire d'Allouville, Jean Antoine Gobert. Sur l'acte de mariage précité, ses parents sont déjà décédés. Comme sa mère, elle mourra jeune, âgée de 57 ans. 

 

Après enquête, son père Louis Guillaume Le Goupil, né à Trèves (Sarre) arrive à Elbeuf à l'âge, de 25 ans, à la demande d'un patron, Louis Eugène Sevaistre, pour travailler à la draperie d'Elbeuf, comme spécialiste des pompes à feu. Il quitte Elbeuf, situé à 50 km d'Allouville, pour Paris en 1830, probablement après avoir rencontré sa femme dans la région de cette manufacture. Il aurait alors fait  fortune dans la Capitale et l'on présentera Marie, par la suite, comme une riche héritière. On ne sait pas pourquoi, dans l'état actuel des recherches, elle avait aussi ajouté à son nom celui de Godefroy…

 

L'Ordre Royal et Humanitaire de Mélusine, résurrection d'un Ordre chevaleresque en plein  XIX° siècle et que chanta si bien Victor Grasset, fit sensation à Paris et ailleurs. Elle fut accueillie avec empressement et avec reconnaissance non seulement par les savants, les artistes et les humanitaires, mais encore par les têtes couronnées et par ceux qui s'intéressent aux glorieux souvenirs du passé.

 

L'année suivante, Marie de Lusignan travaillait à la fondation de L'Arménophile, dont les statuts, soumis aux pouvoirs publics, devaient être publiés le 12 avril. Cette société internationale de bienfaisance avait pour but d'élever en France des jeunes arméniennes orphelines. Leur éducation achevée, ces jeunes filles devaient retourner en Orient, en y portant les principes de la civilisation française et devenir, à leur tour, institutrices. Cette œuvre admirable de charité chrétienne n'a pas été autorisée par la République sur la demande du gouvernement intéressé, qui la considérait, à tort, comme une pépinière destinée à répandre dans son pays, avec l'éducation française, des germes de liberté.

Une princesse russe, fort connue du monde parisien, la pria, un jour, de lui montrer ses bijoux qui, pensait-elle, devaient être magnifiques. Après un moment de silence, l'auguste princesse Marie répondit avec le délicieux sourire qui lui était habituel : ' Mes bijoux, Altesse, sont mes pauvres.'

 

Les sociétés lyriques de France et d'Italie ont couronné Marie de Lusignan, qui était désignée sous le nom de Diva royale. Les artistes, les écrivains, les compositeurs lui dédiaient leurs œuvres. Le patriarche de Jérusalem lui a conféré l'Ordre du Saint-Sépulcre, (Dame du très-Saint Sépulcre- mars 1887), comme à la très digne descendante des reines de Jérusalem ; Le Venezuela lui a offert l'Ordre du Mérite artistique et la plaque du Libérateur. Un grand nombre d'Académies ont proclamé hautement ses mérites et ses bonnes œuvres. L'ordre pontifical des avocats de Saint-Pierre lui conféra le titre de présidente d'honneur de ses dames patronnesses ; elle sut témoigner à l'Institution divine de la Papauté et aux œuvres catholiques sa foi inébranlable et son inépuisable charité. Elle mérita, par ses qualités enchanteresses, d'être appelée la nouvelle fée Mélusine ! Mais le bonheur, ici-bas, est de courte durée. Marie de Lusignan fut bientôt enlevée à l'affection des siens qui l'adoraient, à l'amour des malheureux dont elle était la providence, à l'admiration des artistes dont elle se montra la généreuse protectrice. Dieu la rappela à lui le 22 septembre 1890.

 

Cette mort inattendue fut une perte immense, et le deuil le plus profond dans lequel était plongée la Maison royale de Lusignan fut vivement ressenti de toute l'Arménie et du monde entier.

 

Les années n'ont pas diminué ce regret universel qui se manifeste sans cesse, de près comme de loin, par des lettres et par de touchantes poésies. Citons celle publiée, le 18 novembre 1894, à l'occasion de l'anniversaire de sa mort, par la revue Religione et Patria : Une larme sur la tombe de la princesse de Lusignan : Una lacrima sulla toma della Principessa de Lusignano.

 

Il est vrai que de son vivant, Marie fut reconnue comme une grande dame de ce monde. Plusieurs poèmes lui furent consacrés comme celui de Fabre des Essarts en 1886 ou de Victor Gresset.  Une nouvelle rose porta son nom. Le monde artiste montre combien avaient raison ceux qui la considéraient comme étant en même temps une des plus illustres et des plus charitables personnes de son époque. Parmi les maestri qui ont dédié à son altesse  de ravissantes compositions, nous pouvons citer les noms de MM. Lodoïs Lataste, Michel Grimaldi, Michel Parravano, François Postiglione, Robert Masui, Léopold Stern, Casser, François de Pillis, H. Bertolino, Georges Lissa, Pietrapertosa, Emile Gruber, Decq, Leybach, Vasseur frères, H.Duvernoy etc…parmi les dilettanti distingués, le commandeur François Verdura, consul de Gènes ; S.M. le Shah de Perse, Antonio Padula, Joseph Giuliano, Attilio Ciardini, Georges d'Olne, Nathaniel Durlacher, Marie-Edouard Lenoir, directrice du Biographe etc… L'abbé Gervais lui dédiait son hymne à Sainte-Cécile.

 

Un grand nombre d'écrivains et de musiciens de mérite de France et de l'étranger se firent un bonheur d'offrir à la princesse Marie les fruits de leurs talents. Sans pouvoir tous les énumérer voici quelques noms comme le Savant magistrat Theligny du Castaing, Grandhantz-Loizeau, Charles Catanzaro qui lui dédia son roman 'La triste vérité', Emile Hérouard, Monseigneur di Rende, nonce apostolique à Paris, le général Menabrea, Anne-Marie Boiteau et son dictionnaire encyclopédique et biographique des femmes célèbres de toutes les nations et de toutes les époques, Antoine Jauffret, etc.

 

De son union sont nés deux enfants : Emilie-Gabrielle et Léon-Amaury-Gaston.

La première épousa le marquis Gérard de Naurois, neveu du comte Edouard de Naurois, fondateur-bienfaiteur de l'orphelinat des Alsaciennes-Lorraines du Vésinet. Le frère plus jeune, a fait ses études à Londres, en Allemagne et universitaires à Paris ayant pour précepteur Edgar La Selve. Il deviendra le 2ème Grand Maître des Ordres de Mélusine et de Sainte-Catherine du Mont-Sinaï.

 

Après la disparition d'Ambroise et de Marie, un anglais du nom d'Aubry qui avait été, dit-on son masseur, voulu reprendre l'0rdre de Mélusine à son compte. Demeurant dans l'Ouest de la France, il se faisait appeler comte Jean d'Aulby de Gatigny. Il possédait une galerie de tableaux à Paris mais se distingua surtout comme faussaire. On peut donc affirmer que l'Ordre de la serpente disparut des salons parisiens, au décès de sa fondatrice, pour renaître chez elle sous notre houlette, au château de LUSIGNAN, en l'année 2006.

 

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mis en ligne par l'Ordre Royal de Mélusine.
Exoudun - 1er Janvier 2011.

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